Des images de nulle part et d'ailleurs, de Taipei en Bretagne ou de Plougastel à Taiwan...
Assis dans notre jardin, dans mon éternel fauteuil, encore en train de travailler, alors qu’il fait nuit noire, alors que c’est l’heure de l’apéro, je repense à ces lignes de Lu Xun en sentant tomber quelque chose sur mon épaule.
Dans l'Hôtel de S. , il y avait trois pièces dont la locataire, disait-on, s'était pendue au sophora de la cour. L'arbre avait grandi au point que ses branches étaient hors d'atteinte, mais l'appartement était resté vide. J'y vécus quelques années, copiant des inscriptions anciennes. Etranger à cette ville, je recevais peu de visiteurs. Les inscriptions ne comportaient ni problèmes ni concepts en "isme", et mon unique désir était de voir ma vie s'écouler dans cette même quiétude. Les nuits d'été, lorsque les moustiques étaient par trop nombreux, je m'asseyais sous le sophora, agitant mon éventail en feuille de palmier et regardant des morceaux de ciel par les trouées de l'épais feuillage, tandis que les chenilles qui sortent le soir me tombaient, glacées, dans le cou.
En regardant, j’ai aussi trouvé des chenilles -qui sortent le soir- sur mon pantalon. Ooooh, c’est bien, c’est comme dans les livres… Alors j’ai ouvert la cage, de toute façon il y en a partout, des chrysalides aussi…
