le chat est mort
Vas-y mon n'veu, ca c'est marrant!

Erwan, deux ans et demi. Bravo, y'a de l'idee.
Mais attend, on peut l'ameliorer ton truc. D'abord, ton chat, tu lui mets des chaussettes. Ensuite tu lui attaches des casseroles a la queue, et dans les casseroles on peut mettre des petards. J'te montrerai, on va bien rigoler!
J'ai attrapé un mulot taiwanais dans notre meuble à chaussures (à la main ce coup-ci). J’l’ai mis dans une boite à gâteaux en fer. Bon qu’est ce qu’on en fait ? Comment on le tue ? Je le prends par la queue et je le tape contre la table ? (comme mon beau-frère en France, prof de sciences nat) –non, trop pas sympa… Je le mets au congélo ? (comme mon beau-frère en France, prof de sciences nat) –non, trop froid… J’essaie le « Shadow Kick » ? Un truc que j’ai vu dans un vieux film de Kung Fu Hong Kongais… -Trop dur, j’ai pas bossé… On le donne au chat ? Ben non, il s’en fout complètement. Con de chat…
T’as qu’à le noyer dans notre mare aux lotus me dit Jun Ling…
Bof…
Bon je sais. Demain on prend la voiture et on va le libérer à Kenting, à la plage, avec les filles, les cocotiers et les
bars sympas. Il va être heureux ce mulot la.
Ok ?
Ok!
Bon, alors on en a profité…
on en a profité…
Assis dans notre jardin, dans mon éternel fauteuil, encore en train de travailler, alors qu’il fait nuit noire, alors que c’est l’heure de l’apéro, je repense à ces lignes de Lu Xun en sentant
tomber quelque chose sur mon épaule.
Dans l'Hôtel de S. , il y avait trois pièces dont la locataire, disait-on, s'était pendue au sophora de la cour. L'arbre avait grandi au point que ses branches étaient hors d'atteinte, mais l'appartement était resté vide. J'y vécus quelques années, copiant des inscriptions anciennes. Etranger à cette ville, je recevais peu de visiteurs. Les inscriptions ne comportaient ni problèmes ni concepts en "isme", et mon unique désir était de voir ma vie s'écouler dans cette même quiétude. Les nuits d'été, lorsque les moustiques étaient par trop nombreux, je m'asseyais sous le sophora, agitant mon éventail en feuille de palmier et regardant des morceaux de ciel par les trouées de l'épais feuillage, tandis que les chenilles qui sortent le soir me tombaient, glacées, dans le cou.
En regardant, j’ai aussi trouvé des chenilles -qui sortent le soir- sur mon pantalon. Ooooh, c’est bien, c’est comme dans
les livres… Alors j’ai ouvert la cage, de toute façon il y en a partout, des chrysalides aussi…

Pour parler un peu de Taiwan, notre petit restaurant de quartier propose un nouveau plat, de la bistouquette de taureau, c'est bon pour les hommes qu'ils disent. Ben si c'est bon, ok, j'essaierai un peu plus tard... Il y a encore des trucs que j'ai pas manges ici, c'est fou, apres un an... C'est comme le chien, ca fait des mois que je tanne Agu, l'oncle rigolo, architecte et cuisinier, pour qu'il en degotte un, mais ca s'est pas encore fait... Les chiens oficiellement on en mange pas ici. Ici, c'est pas Canton. Mais a la campagne, si on connait le grand pere, s'il trouve un chien et qu'il est d'humeur... Y'a moyen. Il y a un dicton par ici:
一黑二黃三花四白
Un dicton qu'on pourrait traduire par:
Du pain, du vin, du chien...
Ou bien, plus litteralement: le premier choix c'est le chien noir, le second
c'est le jaune, le troisieme c'est le tachete, le quatrieme c'est le blanc...
En ce moment a la tele, il y a un Japonais, veste rouge, banane a la Elvis Presley qui, les yeux bandes, remet en ordre un maximum de rubicubes en un minimum de temps, sur fond de musique
techno. J'adore...
Ouaf ouaf!...

Bon, la piece de theatre qu'on a vue hier etait tres bien, on a rigole, on a pleure (surtout Jun Ling - trois fois - parceque moi, je pleure pas, je suis un homme...). Un des acteurs est tres connu, Wu Nian Jen, pour ceux qui connaissent un peu le cinema Taiwanais, c'est celui qui jouait le pere du petit garcon qui prend en photo les gens de dos dans le film Yi Yi... La piece etait jouee au centre culturel, batiments immenses avec une statue gigantesque a la gloire de Chang Kai Check... Devant la statue, seance de photos d'une pin up locale, peut etre pour un magazine, peut etre pour un book... Elle passe et repasse habillee en hotesse de l'air, habillee en policiere sexy avec pistolet... J'ai regrette de ne pas avoir ose demande a prendre une photo avec elle, les mains en l'air... Jun Ling m'a dit que j'aurai du... Ben oui, j'aurai mis - tres fier- la photo ici. Mais bon a la place de la pin up je peux mettre ca, je sais c'est moins bien...

Promis, la prochaine fois j'hesite pas...

On en a vu plein. Et puis il y a cette invitation a descendre dans la fosse aux crocodiles pour etre pris en photo sur le plus gros... Mince, il est vraiment tres gros. On a dans la tete ces images de crocodiles qui croquent des antilopes venues boire un coup dans la riviere. Mais bon celui la c'est surement un gros pepere qui digere ses trente kilos de barbaque. Et puis t'inquiete Jun Ling, s'il s'enerve je lui mets une grosse baffe.
Euh non non, c'est pas comme ca qu'il faut faire avec les gros crocodiles nous dit on. S'il s'enerve il faut essayer de rester sur son dos, parceque le crocodile, il est pas assez souple pour vous y attraper...
En descendant dans la fosse on en oublie completement tous les autres crocodiles... C'est qu'on est tres concentres sur le gros...
Et puis, comme au cirque, ou le public attend la chute du tapeziste, il y a tout ces gens qui nous regardent avec l'espoir secret que le crocodile se tape un americain pour son quatre heure...
(EI! Gwa hm shi mi ko lan, gwa bang hua kuo sai!)

Un bon gros pepere en fait...
Un peu plus tard ce jour la on est tombes sur un chien kangourou... Un chien a deux pattes. (un peu facile comme chimere...)

T'inquiete Jun Ling, s'il s'enerve, je lui mets une grosse baffe...

Mais c'est pas pour le temple qu'on est la... Il est midi et on va manger du "special"... On se dirige vers un petit restaurant qui a l'air tres populaire... Il y a foule alors que dans celui d'a cote, ben y'a personne...
Au moment de passer la commande, on me dit de commander du "special" ou du "cochon noir", c'est du nom de code pour de la viande de dauphin. Quand elle est cuite elle noire et le dauphin en chinois ca se dit "cochon de la mer", donc va pour du cochon noir... Eh oui c'est interdit de pecher les dauphins ici aussi, oooh les pirates... Eh ben c'est tres bon le dauphin, 'ai pris le mien en beignet (a droite sur la photo):



En repassant, on en profitera pour manger des huitres...

Allez, on se remet en route, ce soir on va jouer de l'argent aux des, on se sent en veine...
Juste pour repondre au dernier commentaire de la boucherie sanzot, ben oui bien sur ici a Taiwan il y a des cochons phosphorescents. C'est la classe quand ils vont en boite...
ca marche super avec les cochonnes...
Une photo de papillon Taiwanais, mais c'est pas le plus beau... J'ai regrette de n'avoir pas mis ma chemise a fleur qui avait attire beaucoup de papillons pendant une viree dans la montagne l'annee derniere... Dans ce parc, a Kendig, il parait qu'il y a un moment dans l'annee ou on peut voir des "butterfly storms", des nuages formes de milliers de papillons.

Si vous lisez le chinois, allez lire les derniers articles sur le site de Jun Ling (voir lien dans la colonne de gauche) elle raconte le week end beaucoup mieux que moi...
Et puis ca, c'est un modele pour la porte en bambou que je veux faire a l'entree de notre jardin...
Pour chasser la tristesse (celle comme dans une fin de film de Klapisch, quand tout le monde s'en va, quand la fete est finie...), j'attrape des mulots taiwanais...

Un lien qui devrait lancer un petit film... Mon premier essai de video sur le blog, j'espere que ca marche...
mms://nv.sina.com.cn/ent/2005/02/12371032.wmv
C'est irlandais? C'est americain? Non Madame, c'est chinois! En tout cas, moi j'aime bien...
J'ai deja parle de ces zwgbmfhr/#**%FRT de moustiques... Voila tous les outils necessaires a la survie de tous les pauvres bretons qui debarquent a Taiwan. Les explications sous la photo...
En haut a gauche, deux vaporisateurs de repellent ou "wen zi papa"= la terreur des moustiques. Tres important, surtout bien vaporiser sur les coudes et les chevilles. A cote, on connait, c'est l'encens anti moustiques, on peut en acheter des gros sacs... Et le plus interessant, c'est cette raquette pour electrocuter (oui oui) les moustiques. Il y a un petit interupteur pour electrifier la grille, on appuie dessus et on casse la gueule aux moustiques. Efficace et tres satisfaisant.
Et voila, c'est sur, mes petits amis ne peuvent pas nous suivre a Taiwan... Les douaniers veulent pas... Mon coeur est brise, Xiao Wan est triste pour moi mais dans le fond je crois qu'elle se fait tres bien a l'idee de ne plus voir de betes dans le formol partout dans notre future maison. C'est pourtant beau non? Ne lui dites rien mais j'espere bien trouver quelques betes exotiques par la-bas... En attendant la collection a ete confiee a Eric Poindron, editeur fou et grand aventurier litteraire qui va en prendre grand soin j'en suis sur (http://www.coqalane-editions.com/).


