Ils vont raser notre marche aux puces a Kaohsiung, il est vraiment temps qu'on s'en aille... C'est une histoire de gros sous et de mafia locale. Pour generer plus de revenus, la mafia taiwanaise a fait pression sur la police et a denonce les petits vendeurs illegaux de notre marche aux puces prefere... Hao Ke lian... Comme c'est triste. Il parait qu'ils vont le deplacer et notre mafia va pouvoir louer les emplacements au meilleur prix. Donc, samedi on a fait une visite de ce marche, au milieu des bulldozers et des patrouilles de police. On a fait nos bonnes affaires quand meme:
Un plateau rouge qui servait dans le temps a vendre des prunes sechees sur les marches. C'est un objet rare, pas un objet de la vie quotidienne, on est bien contents... Quelqu'un, il y a longtemps, possedait ce plateaux et deux pruniers et c'etait son metier...
Dans le plateau, une decoration qui provient d'une maison en ruine, le caractere stylise signifie "double bonheur". On va integrer ca quelque part.
Et puis une vieille boite en feraille, qui, apres nettoyage a revele des dessins et des couleurs tres tres super! Sous le phoenix, c'est le vrai caractere "double bonheur". Le tout pour moins de 15 euros.
Bon pour parler un peu des tremblements de terre par ici, celui du Sichuan n'a pas ete ressenti ici, a Kaohsiung. La nuit derniere nous avons quand meme ete reveille par des secousses assez violentes, epicentre a Taidong, 5,6 sur l'echelle a richter, mais a la radio les specialistes ont dit que ce n'etait pas lie au tremblement chinois. Donc ca va pour nous...
Et puis toutes mes excuses pour le rythme du blog, c'est un peu lent, je sais, mais c'est parce qu'on est dans les cartons, on prepare notre demenagement dans notre ile de reve, et ca prend beaucoup de temps...
Oh lala, on demenage pour un endroit extraordinaire... Qu'est ce qu'on est contents!


... Et j'imagine la course poursuite...

(Back to the Future)
Chaque jour contemplant hibiscus et pivoines,
Bougainvilliers ou arbres de l’averse d’or,
Jade vert pâle et puis Nuage Coloré …
Chaque nuit penchés sur des rêves ignorés,
La rumeur de la clim nous fait croire être à bord
D’un 747 : retour à Taiwan !
Dix-septième jour
Y a des trucs vraiment bizarres ici.
Les oignons sont gros comme des melons.
L’ail se vend décortiqué.
Les chauffeurs de taxi se vexent si on essaye de mettre la ceinture de sécurité à l’arrière.
Y a pas de voleurs.
Le bout de trottoir devant sa porte, on en fait ce qu’on veut : si on est riche on peut y mettre du marbre rose, si on pense que c’est bon pour le Fen shui, on peut y creuser un petit bassin et y mettre une ou deux carpes.
Y a pas de four dans les cuisines.
C’est aux gens de mettre eux-mêmes leurs poubelles dans le camion.
Les égouts sentent le gingembre.
Ici les dieux vous écoutent et la magie fonctionne, je l’ai vu.

On se marrie en rouge, on porte le deuil en blanc.
Les gens ici n’ont pas de carnets de cheques (on paye cash ou on fait des virements).
Dans les hôtels, les immeubles, les hôpitaux, il n’y a pas de quatrième étage.
Y a pas de volets aux fenêtres, y a pas de radiateurs.
Le pain est sucré.
Les vieilles dames n’ont pas de rides.
La lune croit et décroît de bas en haut.
Les escaliers ne grincent pas.
Les vaches c’est des buffles.
A table, si on a soif, on boit de la soupe.
On vend la soupe dans des sacs en plastique fermés avec une ficelle rose.
Dans le même magasin on peut vendre des bijoux en or et des croquettes pour chiens.
Toutes les voitures ont un plumeau dans le coffre, pour la faire étinceler.
Les voitures peuvent emprunter les passages cloutés en klaxonnant les piétons.
Le thé se vend en galettes qu’il faut couper avec une scie.
Les cageots pour transporter les choux et les fruits sont de véritables œuvres d’art.
Les balais en paille de riz aussi.
Tout le monde a sa carte de visite.
A Taiwan il n’y a jamais eu de guerres de religion.
Le papillon n’a pas un nom bizarre, c’est juste hu die
Y a pas de verres ni de fourchettes dans les placards.
Les vêtements de soie brodés de fleurs ou d’oiseaux multicolores sont meilleur marché que les jeans.
Les feuilles de papier toilette sont grandes comme des serviettes de table.
On ne s’excuse pas quand on a roté.
On ne se mouche pas en public.
On ne s’expose pas au soleil pour bronzer.
Pour débarrasser la table, on emballe la vaisselle en carton dans la nappe en plastique et on met le tout à la poubelle.
Toutes les chaises sont belles, larges, hautes, sculptées.
Ici ils disent que tous les Français sont romantiques.
Et toutes les petites filles taiwanaises sont très jolies mais …
….elles n’ont pas les yeux bleus !...
PS de MsieurG : tout est vrai, sauf pour les égouts.
Seizième jour
Il n’est pas de mon propos ce soir d’écrire la saga compliquée de l’histoire de Taiwan, mais c’est ce à quoi nous nous sommes passionnément consacrés aujourd’hui. Nous avons été visiter le Musée d’ Histoire et depuis, nous parlons, discutons, cherchons dans les livres, sur Internet. Nous avons eu une idée d’ensemble, on a essayé de remplir les blancs, on a juste envie de tout comprendre… Comme on se sent incultes ! Quand je pense comment j’ai cassé les pieds à Jun Ling avec Henri IV, Marie Antoinette et Napoléon quand elle était en France…. Ca n’a vraiment, vraiment, rien à voir… !
Et puis bien sûr on a encore fait un peu de shopping…
Quinzième jour
Les scooters ici me fascinent. On fait de tout sur les scooters : on discute en famille, on lit le journal, on mange, on boit, on
téléphone, on y change les couches, on transporte d’énormes paquets par devant et par derrière, on y transporte des matelas, des frigos on transforme la
selle avec des chaises de jardin en plastique rose ou bleu clair du plus bel effet, on met les enfants sans casque entre les jambes des grands, on peut y rouler à cinq, on peut
y mettre le chien devant et la cage à oiseau derrière. On met les gilets devant derrière. Aux feux rouges, on a même 65 secondes pour draguer… Et puis quand il pleut, ils deviennent encore plus
surprenants. Cela devient un arc en ciel de ponchos plastiques multicolores, un feu d’artifice qui fuse au feu vert. Ah les scooters !
Et puis comme on a encore fait du shopping, on a acheté ça. C’est quoi ?
Quatorzième jour
J’aime bien écrire sur le boulogue de MsieurG, mais il y a des jours où la chaleur ramollit quand même un peu la cervelle…
Il y avait cette petite comptine anglo-saxonne qui me trottait aujourd’hui dans la tête :
“…something old… something new… something borrowed… something blue…”
“ Something old?...” Ah ce colis aujourd’hui de la tante Cybermelle avec les jouets qui ont déjà si bien servi à mes autres petits-enfants. (La déco ici, commence à changer… Aie aie aie, la
tête du papa…)
« Something new ? … » La grande baignoire rose pour que Maëwenn puisse faire vraiment la grenouille quand elle prend son bain…
« Something borrowed ?... » L’appareil photo de Jun Ling pour que MsieurG puisse faire ses jolis montages photo.

« Something blue ?... » J’insiste pas, tout le monde sait.
Je rajouterais bien : « Something strange ?... » Savez-vous de quoi est fait le pain des hamburgers des Mc Do taiwanais ? Allez, devinez !
Treizième jour
Matinée au bruit de la pluie, lourde, épaisse, violente, bruyante. Il n’y a pas de vent, elle tombe raide comme un fil à plomb. Puis elle
s’arrête soudain et c’est à nouveau la chaleur accablante. Vite quelques photos des fleurs du jardin, c’est la Symphonie Tropicale.
Nous les filles on n’a plus rien à se mettre en bijoux, donc …forcément, direction le Marché de Jade…
John Long Silver, Rackham Le Rouge, et même Ali Baba vous pouvez aller vous rhabiller !
On plonge les yeux dans les montagnes de colliers, de bracelets, de bagues, de pendentifs, des sculptures de toute beauté, du jade, des perles, des pierres précieuses et semi-précieuses.
Et si on veut rester raisonnable, c’est pas si cher finalement, ma meilleure affaire: un bracelet de perles de jade pour 80 dollars (2 euros). Je voulais le donner, mais je me demande si je ne vais pas le garder pour moi finalement…
Douzième jour
Aujourd’hui, on ne sort pas. Maëwenn doit vivre en paix et au frais sa vie de bébé, Il fait vraiment trèèèèès chaud.
Tout a l’heure, quand la petite musique de la Lettre à Elise va retentir joyeusement dans la rue on sortira les poubelles de la petite maison made in Taiwan by G pour les jeter dans le camion.
A midi, en faisant trèèès attention aux scooters, on est allés faire les courses tout seuls Tad Koz et moi. Qu’est ce qu’ils sont gentils les Taiwanais! La petite fille du restaurant nous avait imprimé une fiche spéciale en anglais exprès pour nous. On n’a plus eu qu’à dire : « Yi de ça, Er de ça, et San de ça » Au 7-eleven (Tad Koz est trop fortiche) on a acheté du thé sans sucre (無糖) et puis ça :
« 5 fruits et légumes par jours ?... » qu’ils disent en France, on ne serait pas un peu sous-développés non ? Parce qu’ici, voila les recommandations.
Onzième jour

J’adore entendre MsieurG parler chinois au téléphone. J’aime bien parler français avec Jun Ling et Maëwenn. Je suis contente de pouvoir me
faire comprendre dans les grands magasins. Aujourd’hui, pour finir le saucisson et le fromage de chèvre, je voulais acheter une baguette de pain français et une
bouteille de Mouton Cadet…

Et bien, je les ai trouvés ! Qu’est-ce qu’ils sont gentils les Taiwanais ! Ils se sont mis au moins à huit pour m’aider, même certains avec des talkies-walkies…
Il faut dire que nous étions dans le plus grand complexe commercial de Taiwan : The Dream Mall. On y vend de tout, de la tsui tsui à la Mercedes.
C’eut put être le paradis pour Maëwenn, mais ses parents ne voulaient pas du lit parapluie parce qu’il y avait Winnie the
Pooh dessus et Maëwenn en a eu vite marre du shopping et elle l’a bien fait savoir.

Bon, y a des jours comme ça. Aujourd’hui, c’était pas vendredi 13 ?
Repos, sieste, cartes postales, jardinage, lessives, biberons, ventilateurs, douches, tele, tapis d'eveil, saucisson, the vert, the rouge, the au lait. Pas de typhon, tout va bien.
A part les Tuo Xie. Elles m'enervent celles la, j'ai jamais les bonnes. J'arrete pas de me faire enguirlander. Y en a pour dehors, y en a pour dedans, y en a pour le balcon, y en a pour devant, y en a pour derriere, y en a pour la salle de bain et il faut surtout jamais se tromper... Et en plus, si on marche pieds nus il faut se laver les pieds pour monter les escaliers...

Cinquième jour
Sous la chaleur qu’on ne sent pas trop dans la voiture climatisée direction le sud. La route longe des plantations d’arbres à bétel, de cocotiers, de bananiers, des champs d’ananas, des
rizières.

De temps en temps un petit temple aux tuiles rouges et orange vernissées. On double des camionnettes pleines de noix de coco, des autocars aux couleurs flamboyantes. Sur le bord de la route,
entre des buissons d’hibiscus, des vendeuses emmitouflées contre le soleil, proposent des châtaignes d’eau, des bananes, des nembus, des gros oignons. Dans le lointain, la grande statue blanche
du Dieu de la Miséricorde.
Tchin kei se perd dans Tai Tung. Grâce à son portable, il retrouve un de ses potes et repas dans un restaurant des plus joyeux : on y chante et on y danse. Des enfants harnachés sur une balançoire, tirée par une corde, s’envolent jusqu’au ciel.
Et maintenant je sais comment on découpe avec les mains un poulet en tout petits morceaux : il faut juste des gants blancs
anti-dérapant !
Sixième jour
On traverse l’île d’ouest en est au pied de la montagne, vers la ville de Hualien ( Fleur de Lotus). G a envie d’y construire son château, alors on regarde…Sur le bord de la route les touffes mal
coiffées des cocotiers font de l’ombre aux orchidées sauvages et aux bougainvilliers. Oh ! un buffle… ! On passe le 23°5 Tropique du Cancer.
A la grotte des Huit Immortels, Tiem remplit sa gourde d’eau miraculeuse, G éclaircit le mystère de la rivière qui coule en montant (j’ai bien fait finalement de te faire faire le Bac D…)
Et puis soudain, à gauche, la montagne, abrupte, sombre, verte de tous les verts, jusqu’au ciel, très haut … A droite, la mer immense, bleue
de tous les bleus, jusqu’à l’horizon, très loin…

Pas de village, pas de maison : pas de place, juste pour la route de cinq mètres de large.
Sur 400 kilomètres, du vert, du bleu et …un petit éclat de rouge : le sourire de la patronne d’une petite gargote dont les lèvres et les gencives sont barbouillées de jus rouge des noix de bétel.
A sa table je mâchonne un truc un peu caoutchouteux. « C’est quoi ça ? » « De l’estomac de requin… » Alors là, j’ai pas pu… heureusement j’avais pas fini de mâcher…
Septième jour
Petit détour par le phare rouge de Hualien cher au cœur de Tad Koz… on ramasse des galets pour le jardin.

Puis sur la route, des petites bicoques écrasées contre la montagne entourées d’un bric à brac invraisemblable, toutes abritées à l’ombre d’un gros arbre s’affaissant sous le poids de fleurs
rouges. Une petite échoppe : razzia sur les petites robes pour Maëwenn. « Oh les jolies petites boites ! » « Ce sont des cercueils, ça porte bonheur…» Bon….on
laisse.
Au Parc National des Sept Etoiles de Taroko, photos à la Cascade du Sanctuaire du Printemps Eternel.

Et les gorges vertigineuses, érodées, sculptées par la violence de l’eau, par les gros cailloux qu’elle charrie, par le vent, par les typhons.

La route étroite, creusée à flanc de rocher, à pic au dessus du gouffre, par les soldats du Guo Ming Tang dans les années cinquante, au prix de quelques centaines de morts et de milliers de
blessés.
Et le soir, dans le parc de l’hôtel, soudain, assourdissants, les dix mille vacarmes des dix mille insectes de la Montagne des Sept Etoiles. Puis, plus tard, dans le jardin miniature, le floc
floc irrégulier des carpes rouges et dorées gobant les moucherons qui passent.
Tu vas vivre dans un bien joli pays Maëwenn !
Huitième jour
Nous prenons la route numéro 14, (une des six routes qui traversent la montagne de part en part sur une largeur de 150 kilomètres… à vol d’oiseau). Pour nous ce sera huit heures de voyage sur une route étroite, sinueuse, longeant le précipice. Il faut se pencher dans la voiture pour voir le haut de la montagne, il vaut mieux ne pas trop se pencher pour voir le fond du gouffre…On se croirait sur l’ULM de Nicolas Hulot…Pas une maison, pas un temple. L’eau partout qui suinte ou coule du rocher. Tchin kei prend les virages à la corde. Oh ! un singe ! A 3275 mètres, on roule dans les nuages. On ne peut pas s’arrêter devant l’Arbre Sacré de Pilu plein d’esprits : il faut négocier prudemment sur la route de quatre mètres de large, un croisement avec un camion rempli de cageots de choux.
Enfin, une vendeuse de pêches…sur le versant ensoleillé, des cultures en terrasse, des vergers en espalier. On est en bas !
Au bord du Lac aux Mille Verts de Jade, on achète des bouquets de fleurs de lys : Ce soir on dîne à Taichung, chez Xiao Ling, Bing Hong, Mei Ling et Awan…
Dans le salon, Tiem me fait un massage du visage, du cou et des épaules avec un baume à l’eucalyptus. Je n’ai plus mal nulle part !
Neuvième jour
Nous sommes dix dans la voiture de Tchin kei. Elle résonne de rires et de plaisanteries : forcément… on va faire du shopping !

Il n’y en aura aujourd’hui que pour les filles… Le sac à langer, le tapis d’éveil, la poupée Barbie en kimono avec sa trousse de maquillage...
Puis dans un restaurant reconstituant l’atmosphère des années cinquante, de succulentes crevettes à l’ananas, des pousses d’asperges et de
bambou, du riz violet, des légumes inconnus parfumés au gingembre.
Visite au Sanctuaire dédié à Confucius. Photos dans le Hall de la Grande Perfection et dans la Salle de la Vertu qui met en Rivalité le Ciel et la Terre.
Sous le Porche de la Vertu Clairvoyante, G ramasse des graines de banyan.
Vers 15 heures, c’est la route du retour vers Kaohsiung. Encore trois heures et demi de route : heureusement, Maëwenn a sa tsui
tsui. En rentrant je lui change la couche. Oui Madame !...

Quatrième jour
Tout le monde fait la sieste dans les chambres climatisées. Ayant émergé vers onze heures – ça y est j’ai cassé la tête au décalage horaire- j’ai attaqué la page 85 en goûtant le vent tiède qui passe dans le salon silencieux. Ce soir Tchin kei et Tiem viennent d’arriver avec une grande voiture pour une grande balade de 8 jours dans l’est. G ne prend pas son ordinateur mais je tiendrai mon journal et je dirai tout en rentrant.


